JU JEONG-AE déclarait en 1989 :

Le choix des sujets que je présente donne surtout de l�importance aux enfants, aux fleurs, aux hommes, aux animaux, aux plantes, qui sont un don naturel.

L�homme occidental n�est guère accoutumé à une telle simplicité. Ne croyons pas cependant que cette jeune coréenne soit une artiste facile : sa simplicité est une fenêtre sur l�immense, l�infini, et Occidental a pour ainsi dire besoin de faire le saut.

Faudrait-il ajouter que cette artiste va peut-être plus loin qu�elle ne le pense ? Elle serait étonnée, certainement, si on lui disait qu�il y a quelque chose d�un peu effrayant dans ces fleurs à l�acrylique, vives, denses, presque fourmillantes : ou bien dans ces poupées (ou bébé) flottant dans une sorte d�abîme insondable.

Sentiment du vide : sans doute est-ce cela l�harmonie suprême, celle que, nous autres Occidentaux, ne savons pas trouver, ou garder en soi, ce n�est pas un hasard si, lors d�une exposition en novembre 1991, intitulée Ballade dans mes rêves, JU Jeong-Ae évolution depuis 1989 : La rêverie, c�est le travail de l�imaginaire qui s�exprime dans ma peinture et traduit la relation j�entretiens, l�entretiens, entre la réalité extérieure et la réalité que je mûris à l�intérieur de moi-même . De cette confrontation jaillissent les images qui enrichissent ma peinture, parfois comme des fleurs chatoyantes et vivaces, qui embellissent la réalité du quotidien et que j �adore semer dans mes toiles.

C�est un choix d�objets significatifs par lesquels je m�efforce d�exprimer l�essentiel, dans ma recherche. Car celle-ci se développe bien au delà, par l�apparition subtile de quelques silhouettes humaines : elle surgissent, voilées, estompées, dans une pénombre, parmi les chemins que j�ouvre dans mes toiles, symbole d�une quête, ouverte pour un espoir proche, à atteindre : voies tracées vers l�amour, la paix, le bonheur et l�harmonie de l�esprit.
 


Jean - Pierre DROMARD